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Humanisme

 

Protagoras" L’homme est la mesure de toutes choses "
Protagoras

Simple et classique, la définition courante de l’humanisme le présente comme une philosophie centrée sur l’homme. On peut aller plus loin et faire de l’humanité de l’homme, des êtres humains, le principe même de la philosophie telle qu’elle a été fondée il y a 25 siècles en Grèce. La liberté de penser y fut étroitement liée à la liberté politique. La philosophie est née avec la démocratie. L’investigation rationnelle du monde va de pair avec l’épanouissement des Cités, et même avec un art qui prend l’homme comme sujet. Les Romains affirmèrent eux aussi le principe de l’ humanitas de l’homme, essence qui le distingue des autres animaux. Quelle que soit sa part d’ombre, c’est dans l’humanisme antique que l’humanisme laïque moderne trouve ses fondements.

Au Moyen Age on distingue les humaniores litterae, les " lettres humaines ", qui traitent des savoirs profanes et les diviniores litterae, qui traitent des questions de théologie. Au XIV° siècle un nouveau mouvement culturel surgit en Italie et se dégage de la scholastique, enseignement doctrinal officiel. Cet humanisme s’inspire des lettres humaines et d’un retour dynamique à l’Antiquité. Il se répand dans toute l’Europe jusqu’au XVI° siècle. C’est le début d’un titanesque effort pour se dégager de l’emprise religieuse, sans en refuser l’apport culturel. On peut inscrire la philosophie des Lumières dans sa lignée, de même que l’affirmation des droits de l’homme et du citoyen. Nos amis Canadiens parlent judicieusement de droits humains. Les deux siècles derniers ont été marqués par d’immenses acquis culturels, scientifiques, politiques, artistiques qui illustrent l’idéal humaniste. De grands textes ont suscité et accompagné ces avancées.

Mais le principe selon lequel l’homme doit toujours être une fin et non un moyen est mis à rude épreuve par deux monstrueuses guerres continentales et la persistance de la pauvreté dans le monde. Le mouvement ouvrier, socialiste, s’est voulu l’avant-garde de l’humanisme, sa réalisation concrète. Mais devant ses échecs, l’humanisme formel sera mis en cause comme masque des intérêts des bourgeoisies occidentales. Il le sera aussi par les peuples colonisés. Divers penseurs développant une certaine lecture du marxisme, ou se réclamant du structuralisme, ou même de la pensée antérieure aux philosophes grecs, remettent en cause les fondements de l’humanisme. La conviction selon laquelle le progrès humain est inéluctable apparaît comme une croyance naïve. Pourtant l’abandon des valeurs humaines, cultures et fraternités, pour la recherche du profit personnel immédiat s’avère être un échec…humain. Elle démontre par l’absurde le caractère essentiel de l’humanisme et invite à lutter avec Goethe pour demander " plus de Lumière ".

Titre de la publication
Lumières de l'humanisme
Bibliographie
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