Le militantisme laïque s’était concentré depuis la Libération sur la question scolaire, en particulier sur le refus du financement de l’enseignement privé. Parallèlement à l’échec, en 1984, du projet d’un Service public unique et laïque d’enseignement, de nouveaux débats apparaissent. La liberté d’expression et le droit au " blasphème " , l’enseignement des faits religieux , le port de signes religieux … L’année charnière est 1989. Ces nouveaux débats tournent autour d’une nouvelle question, celle de la société multiculturelle. Au cycle centré sur la question scolaire se superpose puis succède le cycle centré sur la question multiculturelle. Au cours de cette même période les colloques, rencontres, commissions, se multiplient, indicateur fiable d’une recherche générale liée à une crise d’identité du mouvement laïque, à une interrogation sur les sources et le sens de l’action laïque . Le développement du processus d’intégration dans l’Union Européenne suscite également des interrogations. Enfin l’actualité internationale révèle au cours de ces vingt dernières années un phénomène qualifié par Gilles Kepel de " revanche de Dieu ". Comment mieux démontrer l’actualité de la séparation des Eglises et des Etats ? |